FOIRE AUX QUESTIONS (FAQ) sur la « Maison  GREDER » à Geudertheim – Décembre 2020

Questions et réponses pour en finir avec les idées reçues et la désinformation

Préambule

C’est à partir du printemps 2020 que l’ASMA (Association pour la sauvegarde de la maison alsacienne) commence à se mobiliser pour la « maison Greder » de Geudertheim, ainsi surnommée d’après le nom de ses derniers propriétaires. Un de nos adhérents habitant le village nous alerte en effet sur la démolition programmée de la plus ancienne maison de Geudertheim, datée de 1662, située au centre de cette commune rurale, 81 rue du Général de Gaulle. Après enquête, de nombreux historiens et archéologues d’Alsace soulignent le caractère exceptionnel de ce bâtiment, un des rares témoins des constructions du XVIIe siècle. Propriété de la commune, cette maison entre dans le périmètre de la construction d’un projet d’extension de l’école ardemment souhaité dans ce village où le dynamisme démographique se heurte à l’étroitesse des locaux existants. Le projet architectural retenu par la municipalité prévoyant la démolition de ce bâtiment remarquable, l’ASMA est néanmoins persuadée qu’un dialogue peut être mené avec le maire pour la préserver au sein du nouveau groupe scolaire. Mais malgré les actions de l’ASMA, soutenue par de nombreuses personnalités, dont M. Frédéric Bierry, président du conseil départemental du Bas-Rhin, et après une tentative de recours auprès du Tribunal administratif de Strasbourg, la maison est finalement rasée, quasiment du jour au lendemain, le 30 septembre 2020.

Pour quelle raison le Tribunal administratif (TA) a-t-il rejeté la requête de l’ASMA qui demandait la suspension du permis de démolir ?

Le TA ne statue que sur la conformité de tels projets au regard des textes, or le PLU (plan local d’urbanisme) de Geudertheim ne comporte aucune protection du patrimoine bâti ancien, ce qui est une exception, un nombre croissant de communes prévoyant cette disposition dans le cadre de leur PLU (ou PLUI : plan local d'urbanisme intercommunal), car figurant dans le projet d'aménagement et de développement durable (PADD), institué par une loi de décembre 2000, clé de voûte des PLU.

De fait cette protection préconisée dans le PADD ne figurait pas dans le PLU que le maire de Geudertheim avait fait voter par son conseil municipal, ayant été purement et simplement écartée !

Le juge administratif n’a pas « autorisé » la démolition, comme l’affirme le maire, il a simplement, dans son ordonnance de jugement du 9 juin 2020, reconnu la légalité de l’arrêté délivré par le maire le 13 mars accordant le permis de démolir la maison.

Par ailleurs, le juge a rejeté la demande de la commune de condamner l’ASMA à lui rembourser les frais d’avocat qu’elle avait supportés du fait du recours.

Idée reçue n°1 : « Cette maison était vétuste, dangereuse et prête à s’écrouler, elle a été mise en vente et personne n’en a voulu! »

La maison n’a jamais été proposée à la vente : son acquisition a été directement négociée en 2017 entre les héritiers des derniers occupants et la municipalité.

Concernant sa prétendue vétusté, comme l’avaient constaté les experts de l’ASMA et comme l’avait reconnu lui-même l’architecte-expert désigné par la commune lors du recours devant le TA, cette maison était en bon état et restaurable. De plus, le diagnostic archéologique réalisé le 3 août 2020 par Archéologie Alsace, établissement officiel dépendant de la Région Alsace, à la compétence incontestable, a conclu au bon état structurel de cette maison eu égard à son âge, grâce en particulier à sa toiture en très bon état. Ce rapport archéologique qui devait être publié mi-octobre est cependant arrivé trop tard, puisque le maire a fait exécuter sa décision de détruire le 30 septembre ! Là encore, il est vrai que juridiquement, le maire n’était malheureusement pas tenu d’attendre la publication du rapport, sauf par honnêteté intellectuelle. Mais en la démolissant avant, il espérait mettre fin au débat.

Idée reçue n°2 : « Cette maison n’avait aucun intérêt patrimonial ! »

Dès le mois de mai 2020, dans un article-dossier sur cette maison rédigé à la demande de l’ASMA, Michel Knittel, historien de Geudertheim, auteur entre autres d’une monographie de près de 600 pages sur le village parue en 1987, a non seulement identifié le constructeur de cette maison, Nicolas Wolff (dont le initiales NW figuraient sur le poteau de pignon, associé à la date 1662) mais aussi prouvé qu’elle était un des rares survivants de la campagne de reconstruction après la guerre de Trente Ans (1618-1648), avant la nouvelle période de destructions due à la guerre de Hollande (1672-1679). Il a également pu identifier la liste complète des propriétaires de 1662 à nos jours et souligné l’importance qu’il y avait à conserver cette maison dans cette commune autrefois réputée pour son patrimoine architectural, malheureusement très diminué depuis le milieu du XXe siècle.

Dans une soi-disant « note historique » rédigée par un conseiller municipal, professeur de collège sans aucune expérience en matière de recherches ou de publications historiques, jointe au dossier de la municipalité pour se défendre devant le TA, le maire a fait dire, avec une série d’arguments fallacieux et facilement opposables, que cette maison ne présentait aucun intérêt patrimonial, affirmation qu’il a encore renouvelée le 2 décembre 2020 lors d’une interview par la presse.

Pourtant, l’intérêt patrimonial souligné par M. Knittel avait été entre temps une nouvelle fois confirmé dans le rapport susmentionné de Archéologie Alsace : « La bonne conservation du marquage [c’est-à-dire des marques d’assemblages gravées sur les poutres] confirme l’homogénéité de l’édifice et le peu de modifications subies par l’édifice […]. La conservation des deux inscriptions [une seconde date était gravée sur un poteau cornier] a donc une forte valeur mémorielle et confirme une construction de l’ensemble en 1662 […]. L’homogénéité architecturale de la maison du 81 rue du Général de Gaulle est remarquable, de même que la très bonne conservation de ses aménagements internes, faisant de cet édifice un bel exemple de l’architecture en pan de bois moderne [par rapport au Moyen-Âge] de Geudertheim ».

Idée reçue n°3 : « Si cette maison était si remarquable, il n’y avait qu’à la donner à l’Écomusée d’Ungersheim ! »

L’Écomusée est inondé d’offres de maisons démontées et est obligé de les sélectionner en fonction de ses besoins muséaux. Sans parler des moyens humains et financiers énormes dont il aurait besoin à une telle échelle, il n’a aucune vocation à devenir un « conservatoire » des maisons à colombages, où on viendra un jour admirer avec étonnement et regret l’ancien patrimoine bâti alsacien, dans une région qui aura alors perdu son identité architecturale, élément important de l’attractivité de notre région. Il faut coûte que coûte maintenir nos maisons traditionnelles à leur emplacement d’origine, quitte parfois à en modifier l’usage. Pour beaucoup, la suggestion de transférer les maisons menacées à Ungersheim revient à se donner un semblant de bonne conscience et à céder à la paresse face aux quelques efforts que nécessite une préservation. Se priver d’un environnement patrimonial alsacien au quotidien pour juste en verser les plus belles pièces dans une réserve destinée aux touristes est terriblement réducteur sur le plan paysager et esthétique. Jack Lang, ancien ministre de la culture avait d’ailleurs dénoncé cet appauvrissement du paysage quotidien au profit des seuls « monuments historiques ».

Idée reçue n°3bis : « Si cette maison était si remarquable, les Monuments historiques ou les architectes des Bâtiments de France auraient empêché sa destruction ! ».

Cette maison n’était pas à proprement parler un « monument historique » (classement nécessitant une procédure officielle longue qu’il était trop tard pour engager) et ne se situait pas non plus, malheureusement, dans une zone protégée dans l’environnement direct d’un monument historique, ce qui aurait aussi effectivement permis l’intervention du service des Monuments historiques et des Bâtiments de France. Elle était néanmoins, comme souligné plus haut, un témoin original et unique de l’histoire de ce village que M. le maire de Geudertheim prétend pourtant si bien connaître et même défendre, puisqu’il avait inscrit la protection du patrimoine dans son programme électoral lors des élections municipales du printemps 2020 !

Idée reçue n°4 : « La conservation de la maison était incompatible avec le projet d’extension de l’école, qu’il était exclu de déplacer en dehors du village ! »

Il est tout d’abord important de souligner, ainsi que l’a confirmé par écrit (dossier du recours devant le TA) le cabinet d’architecte ayant remporté le marché de l’extension de l’école, que la municipalité n’a jamais demandé aux architectes d’étudier l’intégration de la maison Greder dans ce projet d’extension ! Autre point à souligner, et contrairement à ce qu’a affirmé à la presse le maire de Geudertheim début décembre, à aucun moment l’ASMA n’a demandé un transfert du projet d’extension de l’école à l’extérieur du village. Nombre d’adhérents de l’ASMA sont aussi des parents d’élèves et comprennent l’inconvénient que cela représenterait au quotidien !

Comme l’a suggéré l’ASMA, cette maison avec pignon sur rue, située juste à côté de la mairie et en face de l’école actuelle, pouvait être raccourcie de sa partie arrière la plus récente (XIXe siècle) et constituer au milieu de la cour de récréation de la future école un superbe témoignage de l’architecture alsacienne allié à ce projet d’école contemporaine. Une des options était notamment de la réaménager en préau pédagogique, donnant à voir aux écoliers en grandeur réelle les techniques de construction des maisons à pans de bois.

Quant à une éventuelle « incompatibilité » d’une maison ancienne avec les normes actuelles pour les établissements recevant du public, surtout les écoles ou périscolaires, de nombreuses communes ont montré que cela est faux. À titre d’exemple, on peut citer la commune de Muttersholtz qui a installé un périscolaire dans une maison à colombages du XVIIIe siècle !

Le conseil départemental du Bas-Rhin, en la personne de son président Frédéric Bierry, a soutenu par écrit, le 10 juillet 2020, le projet de réutilisation en préau pédagogique proposé par l’ASMA en collaboration avec le directeur du CAUE 67 (Conseil d'Architecture, d'Urbanisme et de l'Environnement du département du Bas-Rhin), solution particulièrement économique. Frédéric Bierry s’est déclaré « trahi » (DNA du 17 octobre 2020) par la démolition intempestive de la maison après que M. le maire de Geudertheim ait endormi la vigilance de tous les acteurs engagés pour trouver une solution à l’amiable. Armé du jugement favorable du TA, rendu sur la base des dispositions du PLU de la commune, le maire s’est senti en légitimité d’ordonner la démolition (arguant du « soutien de ses administrés », qui n’ont cependant pas été informés du déroulé complet et réel de cette affaire).  Alors que ce PLU, comme rappelé plus haut, avait été établi par le maire en excluant toute protection des maisons à colombages. Le maire a donc été à la fois juge et partie !

L’option d’un démontage puis remontage de la maison sur un autre site n’a pas non plus été retenue par le maire, alors qu’elle était également soutenue par Frédéric Bierry !

Idée reçue n°5 : « Restaurer une maison ancienne, ça coûte une fortune ! Qui aurait payé pour conserver la maison Greder en place ? »

Point important : l’alternative, ce n’était pas « restaurer et dépenser l’argent du contribuable » contre « ne pas dépenser de l’argent » ! Démolir cela coûte aussi, recourir à un cabinet d’architectes pour concevoir un nouveau bâtiment encore plus, faire construire du neuf également ! Sans compter le recyclage des matériaux, même si ici la maison a été démolie à la pelleteuse, sans aucun tri préalable contrairement à ce qu’exige la législation : les fenêtres n’ont même pas été décrochées, le vitrage s’est donc retrouvé mélangé au tas de bois, etc. La vidéo tournée par l’ASMA lors de la démolition en témoigne !

Il faut faire un sort à cette idée reçue selon laquelle la réhabilitation d’une maison ancienne coûte trop cher ! Dans le cas présent, il n’y avait quasiment aucun surcoût à prévoir par rapport au projet déjà budgété et financé par la commune. L’ASMA avait d’ailleurs proposé les conseils gracieux de ses experts. Le Conseil culturel d’Alsace (instance consultative dont le siège et au Conseil régional d’Alsace) avait fait de même, par une lettre adressée au maire de Geudertheim par son président, Christian Hahn.

Idée reçue 5bis : « Oui, peut-être, là il y aurait eu de l’aide, mais pour un particulier, restaurer une maison traditionnelle, c’est une préoccupation de riches quand on a tout juste de quoi finir le mois !

Réhabiliter une maison ancienne ne revient pas aussi cher que beaucoup le pensent, surtout quand au final le résultat est un habitat bien plus capable de résister aux années qui passent que beaucoup de constructions « modernes » ! Les médias parlent très souvent des malfaçons voire de l’obsolescence rapide dont souffrent un grand nombre de réalisations immobilières faites par des promoteurs qui cherchent avant tout, en règle générale,  à construire à l’économie…

L’ASMA compte de plus en plus de jeunes adhérents qui viennent prendre conseil au cours de réunions appelées Stammtisch, lors desquelles ils échangent avec d’autres porteurs de projets dans le cadre d’une démarche participative. Ils mettent surtout la main à la pâte : torchis et enduits par exemple, tâches qui nécessitent beaucoup d’heures de travail peuvent être réalisées par les propriétaires eux-mêmes car ces techniques sont enseignées lors de stages et d’ateliers de formation organisés régulièrement par l’ASMA. Restaurer une maison traditionnelle alsacienne permet d’associer la construction d’une maison isolée selon les critères du confort moderne tout en utilisant des matériaux sains et naturels compatibles avec l’ancienne structure en pans de bois. Une approche tout à fait en phase avec l’esprit actuel (…les obligations !) du « développement durable », et surtout accessible financièrement à tous, quoi qu’on en dise. L’ASMA tient à la disposition des personnes intéressées les témoignages de tous ses membres qui ont « franchi le pas » et ne le regrettent aucunement.

Idée reçue n°6 : « L’action du maire de Geudertheim doit être louée, car il est un exemple de la résistance d’un maire rural aux décisions de politiques qui ne savent pas de quoi ils parlent. Car c’est quoi ces gens qui viennent de Paris pour nous dire ce qu’il faut faire ? »

Certes, un maire sait mieux que quiconque ce qu’il y a lieu de faire dans sa commune, qu’il connait bien, recevant les doléances des administrés et écoutant leur besoin. Mais en même temps, un maire rural doit défendre la ruralité et le bien-être de vivre à la campagne, si souvent rappelé lors de la crise sanitaire de 2020. Un bien-être auquel participent entre autres le patrimoine architectural et la cohérence du bâti. Beaucoup de collectivités s’adjoignent temporairement ou durablement les services d’un regard extérieur, aux compétences professionnelles ou « militantes » éprouvées. De plus, dans leur histoire, les maires des petites communes ont été régulièrement redevables de l’aide précieuse des services de l’État. Tout n’est pas que technocratie ! Et il ne faudrait pas que la décentralisation réclamée à cor et à cri donne un pouvoir sans limites à l’élu dont la présence, rappelons-le, ne se limite qu’à la durée de son mandat.

Dans le cas présent, M. le maire de Geudertheim a trahi sa promesse de défense du patrimoine du village pourtant mise en avant dans son programme électoral, comme dit plus haut. Un bon maire est celui qui sait écouter afin de prendre les bonnes décisions. Celui de Geudertheim est resté sourd aux innombrables appels à la raison et à la négociation venus de toutes parts, insensible aussi à l’histoire patrimoniale de son village. D’autant plus qu’il ne s’agissait pas d’appels « venus de Paris », mais bien de personnalités alsaciennes, aussi bien des historiens, archéologues et autres défenseurs du patrimoine que d’élus locaux, comme l’ancien maire de Lembach, ou régionaux, et pas des moindres, s’agissant notamment de M. Frédéric Bierry, président du conseil départemental du Bas-Rhin !

Idée reçue n°6bis : « D’ailleurs, Stéphane Bern, de quoi se mêle-t-il celui-là ? Et pourquoi a-t-il écrit si tard au maire de Geudertheim, si la maison Greder l’intéressait tellement ? »

Depuis qu’il est en charge de la « Mission patrimoine » que lui a confiée le Chef de l’État, Stéphane Bern a su convaincre les pouvoirs publics de mobiliser des dizaines de millions d’euros pour la sauvegarde du patrimoine du pays, notamment en créant le Loto du Patrimoine. Il fait partie des animateurs préférés des Français, justement en raison de sa capacité à réunir autour de la défense du patrimoine, et c’est dans le cadre de son émission du même nom que les Français ont élu trois villages d’Alsace « Village préféré des Français » (Eguisheim, Kaysersberg et Hunspach), rappelons-le ! Si quelqu’un est qualifié pour parler protection du patrimoine, et fédérer autour de ce beau projet, c’est bien Stéphane Bern.

Quant à sa lettre datée du 25 novembre 2020, dans laquelle il manifeste sa colère envers le maire de Geudertheim, seuls ceux qui n’ont pas suivi cette triste affaire depuis le printemps 2020 peuvent la qualifier de « tardive », car dans les faits, cela n’est absolument pas le cas. En effet, dès le mois de juin, soit bien avant la fatale décision du maire de faire intervenir les bulldozers, il avait transmis via l’ASMA un courrier appelant à la conservation de cette maison !

Même si le mal est aujourd’hui fait, la maison Greder ayant été réduit en un informe tas de gravats, cette lettre du 25 novembre a néanmoins sa raison d’être : elle constitue un avertissement aux maires qui seraient tentés de suivre le mauvais exemple de celui de Geudertheim, avertissement que la mobilisation médiatique sera forte pour dénoncer des démolitions injustifiées.

Un cas similaire, celui de la destruction en 2018 d’une superbe maison à colombage datée de 1755 à Sermersheim a, en mars 2020, coûté sa réélection au maire sortant.

La destruction de la maison alsacienne n’attire pas la malédiction, mais c‘est tout juste !  


Restaurer et maintenir en place le patrimoine bâti alsacien, public ou privé, doit être une préoccupation de tous, élus et particuliers, afin de ménager un héritage digne de ce nom pour les générations futures. Cela implique en particulier de soutenir l’action du nombre croissant d’élus exemplaires à cet égard. Ceux qui savent réfléchir, se documenter, prendre conseil et écouter !
De plus en plus d’élus se tournent vers l’ASMA pour faire le repérage des maisons et du petit patrimoine remarquables de leur commune et l’inscrire dans leur PLU, consultent avant d’accorder un permis de démolir et font même adhérer leur commune à l’association.
Ces actions remarquables sont d’ailleurs récompensées par des « trophées » décernés chaque année par l’ASMA, qu’il vaut mieux recevoir plutôt que le « Bulldozer d’or » également attribué tous les ans à un maire « démolisseur ».